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 L'heure de l'interrogatoire a sonné... [Pv Constance V. Obsidian]

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MessageSujet: L'heure de l'interrogatoire a sonné... [Pv Constance V. Obsidian]   Mer 4 Avr - 16:13

N’avez-vous jamais eu l’impression que, dans votre classe, il y avait une personne particulièrement effacée ? Vous savez, cette personne qui n’a pas beaucoup d’amis, qui reste souvent seule, reclus dans un coin de la classe sans qu’on la remarque ? Il y a toujours ce genre d’élèves dans une classe, du moins dans une classe ordinaire. On reproche souvent à cette personne d’être trop introvertie et timide lors des conseils de classe, enfin ceux qui en ont le cran, à savoir les professeurs. Elle passe inaperçue et l’on se demande souvent si elle le fait exprès où pas. Alors imaginez juste un instant que cette personne rencontre son parfait opposé. Je parle ici du genre d’élèves qui ont mauvaise réputation – merci le bouche à oreille – et qui sont physiquement en décalage avec les élèves normaux. Par décalage j’entends chevelure teinte en rouge bordeaux, des tenues gothiques, des yeux d’or et autres tatouages... Oui, le genre d’élèves qui sont d’ordinaire critiqués par tout le monde sans aucune raison et qui sont souvent rappelés à l’ordre par les professeurs, surtout parce que leur dégaine ne leur plaisait pas plutôt que pour ses notes acceptables. Vous voyez le gars qui correspond à la description de la parfaite petite racaille ? Eh bien c’est moi. Et quant à ma rencontre avec l’introvertie, j’ignore encore ce qui m’est passé par la tête en ce vendredi midi des plus normaux pour que j’aille à sa rencontre…

Comme d’habitude, je n’avais pas envie de manger. Pourquoi ? Parce que lorsque je pénètre dans une salle, tous les regards se tournent vers moi. A cause de cela, ma réputation ne s’arrangeait guère avec le temps. Pourtant je n’avais aucune envie d’être observé, j’aurais préféré passer inaperçu. Cependant d’un autre côté je ne pouvais m’empêcher de porter des tenues gothique-punk comme celle que je portais aujourd’hui, à savoir : un pantalon rouge type écossais en-dessous de longues bottes noires à clous et à la ceinture à chainettes associé à un t-shirt blanc déchiré au niveau des manches en dessous d’une veste en cuir noir. Bien évidemment je ne me baladais jamais sans ma croix gothique et ma ribambelle de bracelets que je n’enlevais même pas à mon job du soir au café.

Bref, la journée était des plus normales et je me rendais sans grande envie vers la cafétéria, tentant d’ignorer les regards insistants des curieux qui gardaient néanmoins leur distance avec moi dans la queue pour aller manger. Il me fallut patienter une bonne dizaine de minutes durant lesquelles je repensant à une élève de ma classe qui attirait discrètement mon attention depuis quelques temps. Il s’agissait d’une jeune fille de ma classe qui, à en croire son prénom, devait avoir des origines françaises. Cette fille avait une apparence normale, déstabilisante de banalité et de mutisme, mon parfait opposé en somme. Je me demandais ce qui ne tournait pas rond avec cette fille pour qu’elle ne se mêle pas à la fourmilière des filles de son âge. C’est vrai quoi, la plupart des filles passent leur temps à parler des garçons, de leur maquillage, de leurs découvertes niaises… Alors que Constance, elle, elle restait en retrait, comme si rien ni personne ne l’atteignait, et ce que ce soit dans sa propre classe, comme au lycée en lui-même.

C’est avec un profond soupire que je me mis ensuite à chercher vaguement une place libre à une table où il n’y avait personne, ou presque si possible. Mon plateau contenait un simple sandwich jambon-beurre, une canette de Sprite, des chips et un yaourt aux fruits. Un repas banal, pas de quoi faire fuir les curieux, pourtant, comme tous les jours, j’avais vraiment l’impression d’avoir la galle… Enfin je finis par trouver une table avec juste une fille, seule face à son repas. Un petit sourire en coin prit place sur mes lèvres alors que je m’installais en face de la personne qui avait hanté mes pensées jusqu’à maintenant. Qui aurait dit que le destin m’aurait laissé la chance de parler à cette jeune fille si encline à attiser ma curiosité ? J’ôtais donc ma veste en cuir et la mit sur le dossier de la chaise et posais mon plateau devant celui de la demoiselle aux yeux verts.


« Salut, blondinette. J’espère pour toi que tu attends personne parce qu’ils auront une place en moins. »

En gros, j’avais l’intention de rester et d’obtenir les réponses à mes questions. Et puis si la demoiselle attendait quelqu’un, je doutais grandement que cette personne veuille encore manger avec ma petite personne présente à la table. En bref je lui signifiais que je n’étais pas prêt à partir avant de me mettre à ouvrir mon paquet de chips et en fourrer quelques unes dans mon sandwich. Puis je me mis enfin à en déguster un petit morceau avant de planter à nouveau mon regard d’or dans le lac d’émeraude des yeux de mon homologue féminine.

« Alors, dis-moi un peu… Pourquoi tu traines pas avec les autres filles de la classe, au juste ? »

Air franc et sûr de moi, je voulais lui montrer que j’étais plus fort qu’elle et ainsi l’inciter à me révéler ses plus petits secrets sans qu’elle ne s’en rende compte. Néanmoins, mon for intérieur ne se sentait pas très à l’aise d’agir comme la coquille que je m’étais forgé depuis des années, bien au contraire… Mais bon, je préférais encore passer pour une racaille que pour une mauviette !
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MessageSujet: Re: L'heure de l'interrogatoire a sonné... [Pv Constance V. Obsidian]   Jeu 5 Avr - 16:48


Chaque parole, chaque éclat de rire se répercutait sur les parois dans la cafétéria dans un écho tonitruant. Étais-je la seule que cela dérangeait ? Étais-je la seule qui aurait préféré pouvoir manger loin de tout cela ? Loin de la foule, loin des plaisanteries stupides, loin du vacarme assourdissant de l'heure du midi.

Je gardais les yeux baissés, rivés sur mon plateau. Ce n'était pas si grave après tout. Je mangerais tranquillement mon sandwich puis je patienterais l'air de rien. C'était comme ça tous les jours et je n'étais pas terrible au point de ne pouvoir le tolérer. Je n'aimais pas les lieux comme celui-ci où mille voix semblent s'être donné le mot pour s'élever toutes en même temps et émettre les sons les plus désagréables possible. Mais c'était la cafétéria du lycée, un endroit où il est normal de se rendre et où tout le monde va. Même les gens comme moi.

Un très léger sourire s'étira sur mes lèvres roses alors que je me demandai si ce moment serait plus agréable avec un ou deux amis. La réponse coulait de source : «oui». Il est bien plus aisé de tolérer le bruit lorsque l'on en fait soi-même. Mais lorsque l'on reste cloîtré dans son silence, étranger aux blagues et aux rires, on se sent seul et agressé par des sons si violents.

Ôtant de ma bouche ce sourire insensé, je me remis à manger, pensant à l'après-midi, à ce que je ferais après l'école. De bien classiques rêveries.

Un tremblement de la table m'en tira soudain et il ne me fut pas nécessaire de lever les yeux pour comprendre que quelqu'un s'était assis à ma table.
Bah... ce n'était pas extraordinaire. Il n'y avait pas ici un nombre infini de tables et il arrivait très fréquemment que quelques amis s'asseyent à la même table que moi pour manger. Parfois même, comme aujourd'hui, une personne seule venait me rejoindre et elle gardait alors le silence, étant sans doute, tout comme moi, un être plutôt solitaire.

▬ Salut, blondinette. J’espère pour toi que tu attends personne parce qu’ils auront une place en moins.

Savoir que quelqu'un m'avait rejoint ne m'avait donc pas surpris. Ce n'est que lorsque qu'une voix s'était élevée de la place d'en face, s'adressant apparemment à moi, que j'avais été étonnée.
Je reconnus cette voix car c'était celle d'un garçon de ma classe, un dénommé Ethan. Comme je ne m'intéressais que peu aux autres élèves, je ne savais pas grand chose de lui. Il n'était en outre pas le genre de personne à divulguer trop d'informations personnelles. Pour ce qu'il me semblait, il n'était pas vraiment apprécié des autres élèves et se tenait relativement à l'écart. Peut-être donc était-ce la raison pour laquelle il était venu s'asseoir ici. Ces quelques mots, tels une salutation des plus inhabituelles, n'étaient peut-être rien. Juste des mots comme ça.

▬ Alors, dis-moi un peu… Pourquoi tu traines pas avec les autres filles de la classe, au juste ?

Ah.

Non, c'était une blague ? Il tentait d'entamer la conversation ? Lui et moi discutant ? Ça n'avait aucun sens.
Ce n'est qu'à ce moment que je daignai lever les yeux vers lui et que je sentis son regard d'or plonger en moi comme pour s'emparer de la moindre émotion que je laisserais trahir. Cette émotion, en ce moment, serait sans doute de l'incompréhension...
Enfin... Question bizarre ou pas, une personne de ma connaissance m'avait demandé quelque chose et il aurait été grossier de simplement l'ignorer. Je ne cherchais pas non plus à m'attirer des problèmes. Ainsi, même si ça ne me faisait pas spécialement plaisir, je décidai d'éclairer son esprit qui, vraisemblablement, n'avait pas tout saisi à mon sujet.

▬ Les filles de la classe et moi n'avons rien à nous dire. Leurs conversation m’ennuieraient et, moi-même, je les ennuierais. Je reste donc seule.

Voilà. Cela te convenait-il comme explication ? Il n'y avait rien d'autre à dire. Les choses étaient telles qu'elles étaient. je n'avais pas envie de traîner avec elle tout comme elles n'avaient pas envie de traîner avec moi. Mon sandwich, dont je n'avais pris qu'une bouchée, m'attendait encore mais la présence de ce presqu'inconnu suffisait à m'intimider assez pour que j'attende avant de continuer mon repas.
J'avais baissé les yeux, à nouveau, observant mon plateau sous toutes les coutures, priant pour qu'il se contente de cette question. Qu'attendait-il de moi au juste... ?

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MessageSujet: Re: L'heure de l'interrogatoire a sonné... [Pv Constance V. Obsidian]   Dim 8 Avr - 21:11

Hm, je dois bien avouer que malgré mes airs de fonceur, je ne me sentais pas tout à fait à l’aise en compagnie de cette Constance. Non pas que je n’aimais pas les Français, bien au contraire, j’avais entendu dans je ne sais quel film que Paris était la ville du bonheur, aussi m’étais-je juré intérieurement de faire mon voyage de noces là-bas plus tard, bien que j’avais tout de même des appréhensions quant aux repas qui nous seraient servis. En effet entre la « mal-bouffe » américaine mondialement commercialisée et la fine gastronomie française, j’avais bien peur de m’y perdre, en particulier si les repas devaient contenir des crustacés, auquel cas je préférais encore tirer ma révérence plutôt que de finir au lit à cause de cet allergie chronique que j’avais développé contre les fruits de mer depuis mon enfance. Viles bestioles ! Je me demande encore pourquoi diable ils ne sont pas en voie d’extinction !

Bref, ce que je sous-entendais, c’était que ses origines ne me posaient pas réellement problème. La vérité, c’était que j’avais beaucoup d’appréhension à me retrouver ainsi en conversation avec une personne « de mon espèce », à savoir une personne solitaire, qu’elle le veuille bien ou non. Le pire, c’était que cette blondinette était bien difficile à cerner. Quand son regard se releva enfin vers le mien, je ne pus m’empêcher de me faire mentalement la remarque qu’elle était vraiment belle. Ce que j’appréciais plus encore, c’était son regard d’émeraude, impassible et si mystérieux. J’avais toujours eu un penchant pour les yeux verts ou bleus, du moins ceux qui étaient d’une autre couleur que le banal marron ou bien le sobre noir des iris. Cependant, ce qui me gênais le plus dans ce début de discussion, c’était la nette absence d’émotion que la demoiselle mettait dans ses propos où même l’apparition d’aucune ridule qui laisserait à supposer qu’elle serait un tantinet perturbée par la question. J’eus un froncement de sourcil dubitatif suite à sa réponse et au ton monocorde qu’avait employé par ma camarade de classe. C’est moi où ma présence à sa table ne lui fait ni chaud ni froid ? J’avais un peu de mal à comprendre sa manière de fonctionner, aussi un sourire en coin prit place sur mes lèvres alors que je décidais de jouer le même jeu qu’elle, cherchant subtilement mais sérieusement à percer à jour son masque d’argile.


« Ah vraiment ? Qu’en sais-tu ? Tu as essayé au moins ? Mais peut-être que tu sous-entends simplement que ce sont des nunuches et que tu vaux mieux qu’elles ? Bah, si c’était vraiment le cas ça nous ferait au moins un point commun. » Lui dis-je sur un ton amusé avant de pousser un petit rire.

Contrairement aux apparences, je ne me moquais nullement d’elle, au contraire. Je tentais juste de percer sa carapace par la dérision en cherchant une quelconque brèche dans son attitude de glace. Après tout j’ignorais tout de cette fille, y comprit son caractère, quel qu’il soit. Je pense que si j’essayais tant de savoir quel genre de personne elle était en son for intérieur, c’était sans doute pour savoir si elle et moi pourrions nous rapprocher à l’avenir, être éventuellement capables de s’entendre, qui sait ? Il était vrai que depuis que ma mauvaise réputation s’était établie dans ce lycée, j’avais perdu tous mes amis, et je cherchais à tâtons à m’en faire de nouveaux, testant leurs capacités avant de leur accorder ma confiance. Oui, vous avez dû comprendre, autant dire que ce n’était pas gagné pour eux.

Enfin, ma présence auprès de Constance ne semblait pas la déranger au point qu’elle m’ordonne de changer de table ou qu’elle se mette à me fuir à toutes jambes : je prenais donc ce premier point comme positif. Je croquais donc sans retenue dans le sandwich auquel j’avais rajouter des chips en cherchant un autre point à aborder, avalant ma bouchée avant de jouer cartes sur table.


« Et avec les gars de la classe ? Qui sait ? Tu es peut-être garçon manqué dans le fond, d’où le fait que tu évites les filles… »

Je ne me rendais pas réellement compte que je pensais à voix haute, les yeux levés en l’air tandis que je me grattais distraitement le menton à la recherche d’une réponse à mes multiples interrogations. Décidemment, je suis irrécupérable. Il faut croire que la curiosité avait tendance à prendre le dessus face à mon manque d’assurance envers une personne que je ne connaissais que de vue. Mais qu’y puis-je ? Cette fille était l’exemple même de ce que je recherchais : une mystérieuse camarade solitaire dont je tenterais de percer à jour les secrets…
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MessageSujet: Re: L'heure de l'interrogatoire a sonné... [Pv Constance V. Obsidian]   Jeu 12 Avr - 17:46


A l’entente de ma réponse, c’est un froncement de sourcils qu’afficha Ethan. Était-ce si étrange, vraiment ? On ne pouvait s’entendre avec tout le monde et il ne me semblait pas si étonnant que je n’aie pas été capable de trouver une amie parmi els autres filles de la classe. Mais visiblement, cela le surprenait ou, du moins, l’intriguait.

Pourtant, un sourire apparu subitement au coin de ses lèvres, comme si l’incompréhension, déjà, était passée. Mal à l’aise, je baissai à nouveau les yeux vers la table et attendit les mots qui, sans aucun doute, manquaient de déborder ses lèvres malicieuses.

▬ Ah vraiment ? Qu’en sais-tu ? Tu as essayé au moins ? Mais peut-être que tu sous-entends simplement que ce sont des nunuches et que tu vaux mieux qu’elles ? Bah, si c’était vraiment le cas ça nous ferait au moins un point commun.

Comme je l’avais pensé, il avait eu envie d’ajouter quelque chose, de répondre. Je sentais qu’alors que j’essayais de lui parler de manière détachée et d’abréger la discussion, je ne faisais qu’aiguiser encore et encore son envie d’en savoir plus.

Combien de temps pourrais-je endurer cela ? Si ses questions se faisaient ainsi plus pointues et plus avides de détails, jusqu’où le supporterais-je ? Déjà à ce moment, je ressentais la difficulté de répondre. Quelle question affreuse c’était. Dite avec un tel sourire, avant de pousser un rire peut-être moqueur.

Que voulait-il en réalité ? Cherchait-il à me pousser à bout ?

Pendant que, dans mon désarroi, je cherchais une réponse à formuler, Ethan avala une bouchée de son sandwich et, déjà, il posa une autre question.

▬ Et avec les gars de la classe ? Qui sait ? Tu es peut-être garçon manqué dans le fond, d’où le fait que tu évites les filles…

Tant de mots qui, mis ensemble, formaient des phrases effroyables, des questions qui me transperçaient et s’enfonçaient de plus en plus en moi. J’étais incapable de comprendre les intentions d’Ethan. Étaient-elles bonnes ? Mauvaises ? Ou complètement désintéressées ?

Soufflant doucement entre mes lèvres, j’observai mes mains qui, posées sur la table, ne pouvaient s’empêcher de glisser dessus, traçant des arabesques pour évacuer le stress. Je ne relevai pas les yeux vers le garçon auquel je parlais. Ses cheveux flamboyants et ses iris ensoleillés m’intimidaient en ce moment trop. Si je l’avais regardé, j’aurais pu voir son visage plongé dans une immense réflexion et, peut-être, j’aurais été plus détendue. Mais ce ne fut pas le cas.

▬ J’aimerais me dire que je leur suis supérieure mais… ce serait sans doute me mentir que d’affirmer cela. Je n’ai rien d’une personne extraordinaire. Autrefois j’avais des amies mais je me suis retrouvée de plus en plus seule au cours des années. Il n’y a pas de raison de dire que je n’ai jamais essayé ou connu l‘amitié…

Comme si ces mots angoissés m’avaient quelque peu soulagé, je trouvai la force de relever le visage. Mes doigts si crispés contre la surface de la table se relâchèrent. Pendant un instant, mes sourcils se plissèrent en une expression qui aurait pu ressembler à de la tristesse ou de la nostalgie. Mes lèvres s’entrouvrirent et je plongeai mon regards de celui, si pénétrant, de celui qui me faisait face. J’avais juste auparavant employé un ton très nerveux, laissant difficilement sortir les mots. Maintenant à nouveau plus calme, je pus poursuivre ma tirade inhabituellement longue.

J’eus beau garder le visage face à celui de mon interlocuteur, mes iris verts replongèrent vers le bas au moment où mon visage repris une expression neutre. Je passai ma langue sur mes lèvres et, avec une expression calme, je repris là où j’en étais.

▬ Et puis… Je suis sans doute moi-même un peu nunuche en certains points. Alors il n’y a pas de raison que je m’entende bien avec les garçons.

Qu’est-ce qui m’avait pris, pendant cette seconde ? Je n’étais pas malheureuse de la situation, non. Cette sorte de tristesse que j’avais laissé paraître, peut-être n’en était-ce pas. Je n’avais pas été très expressive, c’est vrai. Cependant un changement, même si bref et léger, était inhabituel en la présence d’un inconnu.

Je ne souhaitais pas d’autres questions. Et pourtant, malgré le malaise qui régnait en moi, cette situation ne m’était pas trop désagréable. Alors, si d’autres questions venaient, serais-je vraiment dérangée ?

En y pensant, c’était peut-être la première fois que je ne m’ennuyais pas à attendre la fin de la pause…

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MessageSujet: Re: L'heure de l'interrogatoire a sonné... [Pv Constance V. Obsidian]   Sam 14 Avr - 16:50

Le mystère émanait de la personne que j’avais abordée quelques minutes plus tôt. Je me posais beaucoup de question sur cette fille d’ordinaire si silencieuse. Etait-elle incomprise ou bien avait-elle choisi de son propre chef de se mettre en dehors de la normale des élèves ? Je n’en avais aucune idée. En réalité, l’illusion qu’elle soit un peu comme moi me titillait. Peut-être des médisances et autres rumeurs l’avaient rendue muette ? Je ne savais pas, et c’était bien là tout le problème : je voulais savoir. La curiosité était sans doute mon plus gros défaut, car autant dire que c’était déplacé, du moins ça pouvait en avoir l’air pour les autres. On m’avait souvent reproché que je m’occupais de ce qui ne me regardait pas, que je devrais plutôt m’occuper de mes affaires… Mais que savaient-ils vraiment de moi pour me faire un tel reproche ? C’était plus fort que moi. Je ne pouvais m’empêcher de me préoccuper des autres. D’ailleurs ça me rendait très facilement susceptible et irritable. C’était en partie à cause de ma trop grande curiosité que je n’osais plus essayer de faire connaissance avec certains de mes camarades. Mes oreilles trainaient partout, et c’était généralement à mon désavantage… J’apprenais des choses sur ce qui se disait à mon sujet ou sur d’autres, et franchement, je préférerais m’en passer… Ca m’était néanmoins impossible, à mon grand désespoir.

Malgré ma profonde réflexion, je remarquais bien que ma jeune camarade de classe était très troublée par ma position, et sans aucun doute par mes questions qui devaient l’embêter. Je me pinçais silencieusement les lèvres en l’observant maltraiter la pauvre table au lieu de manger son sandwich. Je n’aurais pas imaginé qu’elle soit aussi intimidée par mon approche, si j’avais su j’aurais au moins tenté de l’approcher avec plus de douceur. Enfin, ce qui était fait, était fait. J’écoutais alors d’une oreille attentive les confessions de ma voisine d’en face. Elle semblait rassurée par ce que je prenais plus comme un aveu plutôt que comme une confession. Ce que je trouvais évident dans son caractère, c’était le défaitisme indéniable qu’elle me montrait. J’en aurais presque eu pitié d’elle avec le ton si attristé et éraillé qu’elle employé. Et puis d’un autre côté l’imaginer sans aucun ami depuis la primaire, j’avais du mal à y croire, même si j’avais vu que certains élèves pouvaient vraiment très indépendants et solitaires dès leur plus jeune âge. Heureusement pour moi, ça n’avait pas été mon cas avant Rosa, j’étais plutôt populaire à l’époque. Certes je le suis toujours maintenant, mais pas pour les mêmes raisons à ma grande peine…

Son regard plongea dans le mien quelques instants, redevenant distante et froide par la suite tandis que son regard fuyait mes iris dorés. J’arquais un sourcil perplexe à l’idée qu’elle puisse être nunuche d’une manière ou d’une autre : elle n’avait pas la tête de l’emploi. Je me demandais s’il y avait des raisons de la croire et surtout si elle était sincère, pourquoi diable restait-elle dans son coin ? J’avais du mal à la comprendre. Être solitaire n’avait rien de bien passionnant en soi, je pouvais en témoigner. Je ne comprenais pas, car apparemment elle avait pleinement choisi d’elle-même la situation, je ne connaissais aucune rumeur vaquant à son sujet, juste des murmures de curieux. Je poussais alors un faible soupire en ouvrant ma canette de limonade avant de lui demander sur un ton plus doux et conciliant.


« Merci pour tes réponses. Cependant j’aimerais savoir… Qu’est-ce qui a fait que tu as perdu tes amies au fil des années ? »

Il devait bien avoir une raison à son isolement, quelle qu’elle soit. C’était impossible de se retrouver seule après avoir eu des amies sans avoir fait ou dit quoi que ce soit qui aurait pu nuire à ses relations. J’observais donc les moindres mouvements superflus de son corps et les éventuels mouvements de ses lèvres durant quelques instants avant de boire une gorgée de ma boisson préférée. Un Sprite ça avait non seulement bon goût mais en plus c’était vraiment rafraichissant, du moins quand il avait été gardé au frais auparavant. Bon d’accord, ça contenait aussi énormément de sucre mais bon, avec un peu de sport ça ne faisait pas de tort. Surtout que je n’en buvais pas à tort et à travers non plus ! Je pris donc le temps de me désaltérer convenablement, m’étonnant de voir qu’elle ne touchait pas à son repas alors que nous étions là pour ça au départ. Etait-ce moi qui la mettais dans un état à tel point qu’elle en avait perdu l’appétit ? J’osais tout de même espérer que non, ce n’était vraiment pas mon objectif…

« Et quoi qu’il en soit… Pourquoi tu n’essaye pas de t’approcher des autres, toi ? Contrairement à moi il me semble que tu n’as pas d’antécédents qui t’en empêchent, si ? »

Je me livrais entièrement à cette fille que je connaissais à peine, cherchant à lui montrer ma sincérité afin de la convaincre de me laisser l’interroger plus amplement. Le fait était que cette fille attisait trop ma curiosité pour que je puisse la cacher, sans même parler du fait qu’elle répondait sans vraiment me poser de questions sur mes intentions alors qu’elle aurait eu bien des raisons de le faire…
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MessageSujet: Re: L'heure de l'interrogatoire a sonné... [Pv Constance V. Obsidian]   Dim 15 Avr - 10:08


A nouveau, ma réponse sembla étonner Ethan car il haussa un sourcil et me fixa quelques secondes, une moue perplexe sur le visage. Il soupira ensuite doucement et baissa les yeux vers sa canette de Sprite pour l’ouvrir.

Libérée de son regard qui ne pesait plus sur moi, je tentai de l’observer un peu. Regarder les inconnus dans les yeux n’était pas mon fort et j’avais donc gardé, la plupart du temps, les yeux baissés. Pendant les deux secondes de répit qu’il m’accorda involontairement, je levai les yeux vers lui.

Ethan était différent de la plupart des autres élèves, c’était sûr. Physiquement, il pouvait difficilement passer inaperçu. Tout le contraire de moi, en somme. J’étais banale. De mes cheveux à mes habits, en passant par mes yeux et ma taille, je n’étais qu’une personne parmi tant d’autres, discrète et irreconnaissable. Enfin, ce n’était pas vraiment pour me déplaire.

Quoique… Même si je ne tenais pas à être entourée par des tas de gens, n’aurait-il pas été agréable de me démarquer, ne serait-ce qu’un peu… ?

▬ Merci pour tes réponses. Cependant j’aimerais savoir… Qu’est-ce qui a fait que tu as perdu tes amies au fil des années ?

Je sursautai, tirée brusquement de mes pensées et me remis à regarder la table. Pourtant, le ton qu’avait employé Ethan s’était fait plus doux. Bien qu’il continue à m’interroger, j’avais moins le sentiment d’être prise au piège. Cela ressemblait presque à une discussion normale comme on en entendait tant dans le reste de la cafétéria.

Ses questions, malgré tout, restaient étranges. Je ne savais comment les appréhender et qu’y répondre. Pendant un moment où je gardai le silence, je sentis ses yeux d’or se poser sur moi. Ensuite il bu, encore, et je profitai de ce moment pour répondre.

▬ J’ai développé d’ai développé d’autres centres d’intérêt qu’elles. Je suppose que nous avons eu de moins en moins de choses à nous dire. Tout simplement…

Deux derniers mots prononcés dans un soupir, comme si, moi-même, je n’étais pas entièrement convaincue que ce soit une chose simple, banale, qui arrive tout les jours.

▬ Et quoi qu’il en soit… Pourquoi tu n’essaye pas de t’approcher des autres, toi ? Contrairement à moi il me semble que tu n’as pas d’antécédents qui t’en empêchent, si ?

Des antécédents ? Que voulait-il dire ? J’ignorais tout de lui et connaissait donc encore moins son passé. Ethan semblait effectivement ne pas entretenir de bonnes relations avec les autres élèves mais j’avais supposé que c’était tout simplement parce que les autres le trouvaient trop différent d’eux.

Mais il aurait sans doute été grossier de lui demander quels étaient ces fameux antécédents… Certes il m’interrogeait sur ma vie, mais il ne me faisait pas non plus raconter de choses terribles. Peut-être son passé était-il moins joyeux et ne souhaitait-il pas l’aborder ? Mais en ce cas, y aurait-il fait référence ainsi ?

Je l’ignorais et ne savait pas quoi lui dire. Pensait-il réellement qu’il était simple de réfléchir ainsi au fonctionnement de toute sa vie et de le remettre en question, comme ça, au milieu d’une cafétéria. Non, ça ne l’était pas.

Je fronçai les sourcils, gardant le silence un moment encore. Ethan semblait définitivement être une gentille personne. Je l’imaginais mal me poser toutes ces questions en ayant de mauvaises intentions. Mais qu’il soit bon ne changeait rien. Je n’aimais pas parler de moi-même. Je l’imaginais déjà me demander en quoi mes centres d’intérêt étaient différents de ceux de mes anciennes amies et j’aurais préféré éviter de telles questions.

C’est très doucement que je répondis finalement, presque trop bas pour être entendu dans la brouhaha infernal des autres élèves.

▬ Je ne tiens pas spécialement à essayer...

Puis, finalement, je repris en main mon sandwich et en pris une bouchée avant de le remettre sur mon plateau.

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MessageSujet: Re: L'heure de l'interrogatoire a sonné... [Pv Constance V. Obsidian]   Jeu 19 Avr - 17:51

La surprise qu’elle eue suite à mes paroles m’étonna d’autant plus que j’avais précisément fait attention à ne pas la brusquer. Je ne tenais pas à l’effrayer, bien que ce soit de toute évidence le cas, à mon grand désespoir. Enfin, il faut dire que je n’étais pas le genre de gars qui donnait envie qu’on lui parle. Malgré ma bonne volonté, ce masque de froideur et d’imperturbabilité ne me quittait pas, en particulier au lycée. La dernière fois que j’avais eu une relation sentimentale avec une fille, cela avait tellement mal tourné que j’avais par la suite développé une haine inconditionnelle de la gente féminines, repoussant de nombreuses prétendantes éplorées au passage. Le temps faisant, je restais tendu et froid en présence des filles que je ne connaissais pas ou peu. Je pouvais donc comprendre que malgré mes « bonnes intentions » à son égard, la demoiselle ne soit pas aussi réceptive que je l’aurais espéré. Néanmoins cela m’attristais quand même, et ce même si j’aurais préféré y être indifférent : pour une fois que je faisais le premier pas vers une fille…

Enfin, il n’y avait pas que la tension palpable entre nous qui devait la troubler. Mon look punk/gothique devait très certainement juré avec la tenue sobre et banale que portait ma camarade de classe, comme tous les jours de la semaine contrairement à moi. Plus je l’observais, plus je me disais que mon approche avait été des plus stupides. Ridicule. Tout ce que je faisais, c’était la gêner et l’intimider, soit tout le contraire de ce que je souhaitais. J’écoutais néanmoins d’une oreille attentive sa réponse qui, je dois bien l’avouer, ne me convainquait pas le moins du monde. Aussi mon visage montrait bel et bien que je ne croyais pas à cette excuse – même si ce n’en était pas forcément une – et poussait un soupire à sa suite pour bien montrer que je le croyais pas.

Par contre quand je lui supposais qu’elle avait des antécédents – semblables ou non aux miens – Constance sembla plus surprise qu’autre chose. Peut-être n’était-elle pas au courant de toutes les rumeurs qui couraient à mon sujet ? Non impossible, vu le nombre de ragots qui courraient sur mon dos… Et tout le monde a une part de curiosité, consciente ou non, je suis donc certain qu’elle doit mieux me connaitre qu’elle ne le dit. Enfin, ce ne sont que des suppositions, ça ne changera certainement pas ma vie. Cependant j’avais réellement l’impression qu’elle était ignare au point d’ignorer mon passé, chose que tout ado’ normal de ce lycée connait. En somme, des colporteurs. Elle me semblait différente, complètement dénuée d’intérêt pour les autres membres de la race humaine. Aurais-je affaire à une martienne ? Aucune idée, mais elle avait réellement quelque chose de… Fascinant. Elle finit par répondre, tellement bas que je faillis ne pas l’entendre. Diable qui était cette fille qui se complaisait dans sa solitude ? Elle avait un problème ou quoi ? C’était bien la première à me dire clairement qu’elle ne souhaitait pas se mêler à la masse, que ce soit avec une personne particulière ou tout un groupe. Les amis, je crois que je viens de rencontrer une vraie louve solitaire. C’est l’air stupéfait et m’affalant en partie sur la table – comme pour prendre réellement conscience de ses paroles – que je finis par lui poser la seule question réellement utile à poser dans cette situation.


« Pourquoi ? Tu es du genre solitaire maintenant ? »

Nouvel haussement de sourcil tout à fait malgré moi. J’avais bien du mal à suivre son raisonnement. En tout cas, elle restait un sujet d’observation on ne peut plus intéressant. Discrète, sérieuse et solitaire, ah et j’oubliais mystérieuse et ignare sur les « on dit » du lycée. Elle cumulait toutes les qualités pour assouvir ma curiosité débordante. Aussi tentais-je d’éclaircir un peu plus le tableau, après avoir mordu une nouvelle fois dans mon sandwich jambon-beurre-chips, en posant une autre question qui était venue me titiller après sa réponse concernant l’éloignement qu’elle avait eu avec ses amies.

« Et puis d’abord… Tu t’intéresse à quoi pour croire que tu peux avoir de conversation avec personne ? »

J’étais l’exemple typique de la personne qui pouvait parler avec n’importe qui du moment que la personne m’intéressait. Alors pourquoi cela aurait-il été différent pour elle ?
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MessageSujet: Re: L'heure de l'interrogatoire a sonné... [Pv Constance V. Obsidian]   Mar 8 Mai - 16:37


Je ne m’étais aucunement attendue à la réaction qu’eut Ethan à l’entente de ma réponse. Tout de suite, il s’affala sur la table, comme dans un mouvement d’abandon. Les yeux levés vers moi, les sourcils haussés, il ressemblait à étrange animal.

Alors j’étais si bizarre ? A un point tel que même une personne comme lui ne pouvait me comprendre ? Sans doute cela n’avait-il pas une réelle importance, mais cette pensée m’attrista. Peut-être aurait-il en fait été mieux s’avoir, pour une fois, été comprise ? Ou peut-être cela n’était-il, au final, pas possible. Cela ne m’étonnerait pas tellement. Je ne m’étais pas faite d’illusion et ça valait peut-être mieux.
Savoir dès le départ que l’on restera seul est préférable à attendre que quelqu’un vienne sans que, jamais, il n’apparaisse…

Je ne pouvais continuer à me livrer à Ethan. Je le sentais entrer dans mes pensées peu à peu. Il apprenait mon passé, découvrait ma vision des choses, pouvait peut-être même se faire une image relativement précise de moi. Cela, je ne le voulais pas. Il me fallait dresser entre nous un mur. Un mur si haut et si épais qu’il ne pourrait plus même m’apercevoir. Tout se passait bien à l’école, j’avais réussi à trouver un certain équilibre. Je craignais que tout ne s’effondre si l’on en apprenait trop à mon sujet.

▬ Pourquoi ? Tu es du genre solitaire maintenant ?

Combien de temps pouvait-il bien rester avant la reprise des cours ?
Et puis, quelle était cette question ? Bien sûr, j’étais une personne solitaire. Je ne comprenais même pas pourquoi il me le demandait. Et pourquoi devait-il me regarder ainsi, avec ces yeux profonds et brillants ?

Peu à peu, je perdais mon calme. Je regardais à gauche, à droit, en bas, en haut. Partout sauf vers lui. Je cherchais une échappatoire à cet interrogatoire qui n’en finissait pas. Je ne voulais plus avoir à me confier à lui.

Et pourtant… Pourtant j’étais heureuse qu’il soit venu vers moi. Et j’avais envie qu’il reste, qu’il continue à me parler. Parce que ce sentiment, celui de savoir que quelqu’un, pour quelque raison que ce soit, s’intéresse à nous, était agréable.

▬ Et puis d’abord… Tu t’intéresse à quoi pour croire que tu peux avoir de conversation avec personne ?

Mon regard égaré, en un instant, revint vers le visage d’Ethan et mes iris verts cherchèrent un endroit où se poser. Nerveuse, je me mordis la lèvre.
Non. Tu ne peux pas me demander ça. Tu ne me connais pas. Je n’ai pas à te parler de moi. Je n’ai pas besoin de te dire quoi que ce soit à mon sujet.

Je déplorai ma faiblesse mais aussi mon idiotie. Ne fallait-il pas être stupide pour être aussi peu intégrée à la société et si mal à l’aise en public ?

Je n’avais pas envie de répondre. Ca, c’était certain. Mais ce n’étais pas ce qui m’inquiétait pour le moment. Ce qui importait, ce n’était pas non plus le fait que je n’en pouvais plus. Une seule question, en ce moment, m’occupait l’esprit Le visage baissé, caché par ma chevelure blonde, elle franchit doucement mes lèvres.

▬ Pourquoi… est-ce que tu me poses toutes ces questions ?

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MessageSujet: Re: L'heure de l'interrogatoire a sonné... [Pv Constance V. Obsidian]   Mer 9 Mai - 8:57

Plus je lui posais de question, plus j’avais la désagréable impression de perdre contact avec elle. J’avais bien remarqué son regard fuyant, à la recherche d’une quelconque échappatoire à cette discussion entièrement tournée sur sa personne. C’était un peu comme si elle prenait ses distances avec ma personne, se renfermant sur elle-même au bout de quelques minutes de discussion. Cela m’attristait, mais d’un côté, je la comprenais un peu : elle devait sans doute se sentir oppressée, poussée dans ses retranchements malgré elle. Pour un peu je m’en serais voulu et j’aurais pu lui demander d’oublier mes questions sans intérêt… Mais je ne voulais pas m’y résoudre. Cette étrangère n’avait rien à voir avec les filles de mon entourage, niaises, bavardes et surtout étouffantes. A mes yeux, Constance agissait comme une petite souris, se cachant à longueur de journée, restant sagement dans son coin à manger son morceau de fromage et attendre que le chat baisse sa garde pour s’enfuir en courant. Je n’avais jamais rencontré de demoiselle solitaire, et encore moins dans un endroit tel que le lycée. Combien de fois les jeunes élèves transférés m’avaient prit pour un asocial, un taré ou encore un malade mental ? Il y avait quelques cas dans notre lycée, d’où leur solitude. Mon cas était différent : les rumeurs ne me tentant guère d’approcher autrui. Et au plus profond de moi-même, je sentais que Constance se rapprochait plus de moi que des autres fous du bahut…

La vérité ? Je me demandais moi-même pourquoi cette fille était une des rares à ne pas m’inspirer de dégoût. Depuis que l’une de ses congénères m’a trompé à maintes reprises, j’ai prit pour habitude de mépriser la gente féminine et à la fuir comme la peste à chaque fois que l’une d’entre elles se présente à moi – d’où quelques râteaux envoyés à certaines qui n’étaient pas des plus tendres, je dois bien l’avouer. Oui, pourquoi cette blondinette aux yeux vert ne m’inspirait pas la moindre émotion négative ? Là était toute la question. Mais je ne pouvais y répondre par moi-même, j’avais besoin de sa coopération, d’en apprendre d’avantage sur elle pour savoir pourquoi elle ne me répugnait pas. Cette fille m’intriguait, attisait ma curiosité. Il n’y avait rien d’autre à ajouter.

Son regard vint s’égarer près du mien suite à mes dernières paroles, avant de s’évanouir dans sa chevelure de blé, le visage baissé vers la table dans un air de dépit. Un instant, je crois qu’elle allait se mettre à pleurer, aussi commençais-je à paniquer intérieurement, me demandant ce que j’avais fait de mal pour la mettre dans un tel état… Jusqu’à ce que la question fatidique ne sorte enfin, infime et douce, bien que légèrement teintée de peur. J’en eu des frissons dans le dos, et le mouvement de recul si habituel que j’avais avec les filles revint au galop, l’espace d’une seconde, me collant vivement au dossier de la chaise. C’était à mon tour de paniquer, de ne plus savoir où me mettre, de vouloir disparaitre de sa vision. Je ne pouvais décemment pas lui avouer toute la vérité, elle me prendrait pour un dingue, ça c’était clair. Je me mis alors à déglutir bruyamment, cherchant une excuse proche de la réalité en me grattant le crâne à l’aide de ma main, avant de me mettre à bredouiller malgré moi.


« Euh… Ben je… C'est-à-dire que… »

Le rouge commençait à me monter aux joues maintenant. Bon sang, j’avais de la chance que ma sœur ne soit pas encore arrivée au lycée. Si elle avait été à mes côtés, nul doute qu’Ailee m’aurait rit au nez en me traitant de « Tomate », en référant à la couleur semblable entre ma chevelure teintée et ma peau rouge écrevisse. Je fouillais donc à toute allure mon esprit à la recherche d’une idée, pesant bien le pour et le contre de ce que je pouvais lui avouer ou pas. La main un peu fébrile, j’allais à la conquête de ma canette de Sprite, approchant cette dernière de ma bouche avant de lui répondre enfin à mi-voix, le regard fuyant et la voix faussement assurée, entrecoupée et tremblements légers et d’un brin de peur de la laisser découvrir la véritable identité d’Ethan Farwell, si différente de celle que le temps m’avait forgée.

« Ben j’voulais juste en savoir plus sur toi… Voir si on avait des points communs ou pas, quoi. »

Puis, je bus d’une traite le reste de ma limonade si fraiche et délicieuse, espérant que cette dernière atténuerait ma gêne et le malaise que je pouvais ressentir depuis qu’elle s’était mise à me poser cette question. Avec un peu de chance, la teinte rosée de mes joues s’en irait rapidement et je pourrais reprendre les commandes de mon corps… Du moins, en espérant qu’elle n’ait pas comprit ma véritable intention : me chercher des amis… Auquel cas, ce serait vraiment la honte…
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MessageSujet: Re: L'heure de l'interrogatoire a sonné... [Pv Constance V. Obsidian]   Mar 15 Mai - 19:43


Je pensais que tout était terminé. Que, poussée dans mes derniers retranchements, j’étais vaincue. Que j’avais perdu contact avec la réalité, et avec Ethan.
Mais, contre toute attente, ce garçon eut un vif mouvement de recul, sa chaise glissant vers l’arrière, il me fixait avec le regard empli de panique d’un animal sauvage. C’était la chose à laquelle je m’étais le moins attendue et, non sûre qu’il s’agissait vraiment de la réalité et non d’un songe mystérieux, je relevai le visage vers mon interlocuteur et l’observai, tentant de comprendre pourquoi il avait réagi ainsi.

Le silence entre nous parut infini, même si le brouhaha environnant semblait nous rattacher encore un peu à ce monde. Finalement, déglutissant bruyamment, Ethan sembla revenir vers moi. Son visage, cependant, montrait toujours cette même expression de panique et il ne s’était pas rapproché de moi.

Étais-ce ma faute ? me demandais-je Avais-je fait quelque chose de mal ?
La cause de cette peur soudaine ne pouvait être que moi…

▬ Euh… Ben je… C'est-à-dire que…

Incapable de prononcer le moindre mot, Ethan se mit à rougir. On aurait pu croire qu’il désirait devenir invisible. Peut-être même de disparaître complètement pour, enfin, ne plus avoir à faire quoi que ce soit, même exister. Mais n’était-ce pas moi qui étais supposée agir de la sorte ? Les rôles, presque, s’étaient inversés. Plus il plongeait dans la détresse, plus je sortais de ma coquille pour tenter de comprendre ce qu’il ressentait qui eût pu le mettre dans un pareil état.

Tremblant, Ethan se saisit de sa canette et après avoir bu, sans doute, il marmonna quelques mots, si doucement qu’il me fallut me pencher vers lui encore plus que je ne l’étais déjà. Sa voix était hésitante, entrecoupée par quelques tremblements. Ses yeux qui, depuis le début de la conversation, m’avaient cherchée, préféraient à présent s’égarer dans le reste de la cafétéria.

Et moi, je ne comprenais pas.

▬ Ben j’voulais juste en savoir plus sur toi… Voir si on avait des points communs ou pas, quoi.

D’une traire, Ethan vida sa canette et la reposa sur la table. Son comportement avait changé de manière terrifiante et il me semblait à présent être celle qui était en position de force. Je ne comprenais plus rien, ce qui m’était très désagréable. Je voulais savoir, et non rester dans l’incompréhension.

Il y avait une raison à ce changement, car il y avait une raison à tout. Et, dans ce cas-ci, la seule explication que je voyais était que c’était ma faute. J’avais probablement dit quelque chose de mal, ou fait quelque chose qu’il l’aurait perturbé.

En ce cas, ne pas agir aurait été très peu poli… Or moi, qui n’aimait guère la grossièreté, ne pouvait me permettre de rester sans agir. Je rassemblai donc mes forces – car on ne paraissait pas pourvoir compter sur Ethan pour, cette fois encore, mener la danse – et parlai.

▬ Je suis désolée. Je… Je suppose que, si tu t’es mis dans un tel état, c’est que je dois avoir fait quelque chose de déplaisant. Alors, pardon. Il ne faut pas s’inquiéter. Je ne t’en veux pas de m’avoir poser des questions. C’est juste que… c’est difficile à comprendre.

Moi qui m’étais tant penchée vers lui à mesure qu’il reculait, je me rassis au fond de ma chaise. J’en avais bien assez dit et bien assez fait. Il n’y avait plus rien à me demander. J’avais agis comme je me devais de le faire et je ne souhaitais pas que l’on m’en demande plus.

Je ne désirais pas que la discorde s’installe entre Ethan et moi. Il avait dit qu’il voulait en savoir plus sur moi. Cela m’avait semblé inutile… mais je ne pouvais nier que cela m’avait fait plaisir.

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MessageSujet: Re: L'heure de l'interrogatoire a sonné... [Pv Constance V. Obsidian]   Jeu 24 Mai - 12:02

La conversation entre ma personne et la belle blonde aux yeux verts semblait s’essouffler, inexorablement, un peu comme si elle avait pompé toute mon énergie et répondu stoïquement à chacune de mes questions. D’ailleurs l’attitude si gênée et surprise que j’eus face à la demoiselle m’étonna moi-même. Okay j’étais solitaire malgré moi, mais je ne pouvais pas non plus me trouver des amis comme ça en un claquement de doigt juste parce qu’on l’avait décidé. Je me demandais encore pourquoi j’avais eu cette idée saugrenue que tous les solitaires étaient peut-être comme moi. Si ça se trouvait, Constance avait tout bonnement envie que le monde la laisse tranquille, moi également. Je devais l’embêter, d’où ses réponses froides et distantes. Bah, j’aurais dû m’en douter : quel abruti je pouvais faire parfois. Même si la solitude pouvait paraitre triste et mélancolique pour la plupart des êtres humains, il était tout à fait probable qu’une infime partie des solitaires soient simplement asociaux.

Cette idée m’attrista un tantinet et je sentis le rouge de mes joues disparaitre peu à peu alors que je soupirais profondément. C’en était déprimant. Je relevais discrètement le regard vers elle et constata qu’elle était plus proche de moi que les quelques minutes auparavant. La voir de si près me fit sursauter, me calant instinctivement au fin fond de ma chaise. Saleté de gynécophobie ! Tout ça à cause d’une sale peste qui m’avait fait cocu à de multiples reprises il y a des années déjà ! Depuis que j’avais failli la tuer, la peur de la gente féminine m’avait complètement consumé. Les seules femmes que j’acceptais sans soucis dans ma vie restaient ma sœur, ma mère et ma meilleure amie. Pour celles que je tolérais, il fallait toutefois qu’elles respectent une distance de sécurité en ma compagnie, sans quoi je prenais la poudre d’escampette ! Chose qui n’était pas très loin d’arriver avec Constance étant donné que notre petite discussion touchait apparemment à sa fin. Alors que je pensais à cela, mon interlocutrice reprit les rennes en s’excusant, ce qui me fit arquer légèrement un sourcil. Son incompréhension et ses excuses m’attendrissaient et réussirent même à m’ôter un petit sourire de satisfaction. Peut-être n’était-elle tout simplement pas habituée à ce que les gens l’approchent ? Qui plus est quelqu’un comme moi… Ca devait être des plus choquant comme approche n’est-ce pas ? Enfin, je me décidais à secouer la tête négativement avant de lui répondre, ayant reprit un tant soit peu de ma précédente assurance.


« Tu n’as pas à t’excuser, c’est de ma faute : je suis quelqu’un de plutôt direct… Et un peu trop curieux aussi. » Commençais-je en haussant les épaules en guise d’excuse avant de continuer, l’air un peu moins sûr de moi toutefois. « J’essayais juste de savoir… Si on pouvait être seuls, mais à deux. »

Non, hors de question de lui dire de but en blanc que j’avais voulu savoir si on pouvait devenir amis tous les deux. C’aurait peut-être été la honte de ma vie ! Surtout que la cafétéria commençait à bien se vider et les regards des curieux se tournaient vers nous avec une insistance dérangeante. Je détestais qu’on me regarde ainsi comme une bête de foire et avait bien l’intention de m’éclipser de cet endroit avant d’entendre les moindres murmures et rumeurs planer à notre sujet. Ma couleur de cheveux ne passait pas inaperçue après tout… Et puis la sonnerie de l’établissement n’allait pas tarder à retentir, mettant inexorablement fin à notre discussion et ce que cette dernière se poursuive ou pas de toute manière. Poussant un nouveau soupire je plongeais la main dans mon sac de classe pour en sortir mon agenda et un stylo. J’arrachais une page qui resterait inutilisée, à savoir une page du mois d’Août et me mis à griffonner mon numéro de téléphone portable et mon prénom dessus avant de faire glisser le petit bout de papier sur lequel j’avais écrit à la va vite vers la demoiselle qui me faisait face, lui disant simplement :

« Tiens, au cas où tu voudrais qu’on discute d’avantage. »Sur ces bonnes paroles je rangeais mon agenda et mon stylo dans mon sac avant de me relever, emportant mon sac et mon plateau repas à demi entamé avant de lui faire ma révérence : « A toute. »

Je pris donc congé de sa présence aussi vite que j’étais arrivé, jetant le contenu de mon plateau à la poubelle avant de quitter définitivement la cafétéria. Oui, j’étais lunatique, mais au moins ainsi j’avais pu faire et dire ce que je souhaitais ou presque à Constance. Maintenant elle avait les cartes en main, à elle de les interpréter et de jouer au mieux pour gagner la partie, pas vrai ? Et ce fut sur ces pensées que la sonnerie finit par retentir, quelques minutes après mon départ de la cafétéria : signifiant inéluctablement que je devais retourner en cours. Bien que je n’en ai, comme d’habitude, pas la moindre envie.
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L'heure de l'interrogatoire a sonné... [Pv Constance V. Obsidian]

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